mercredi 13 juin 2012

Page 49 - Le bout de la Nationale 7, Tuléar ou Toliara


Autobus de brousse reliant Tuléar à Ifaty.


Rues très animées, cyclopousses et pousse-pousses envahissent les espaces, l'avenue de l'Indépendance longue et large à double voie bordée de cocotiers.
    Mais nous ne faisons qu'y  passer, 25km de piste redoutable nous attendent pour rallier le district d'Ifaty bien après le village de Mangily et «l'Hôtel de la Plage»  terminus du séjour où nous allons buller trois jours les pieds dans le sable et au bord de l'eau!
     Redoutable  est un bien faible mot pour décrire la piste, malgré toute la virtuosité de Rija qui roule au pas, nous sautons dans tous les sens sur de la tôle ondulée  entrecoupée de profondes ornières, roulant dans le sable, parfois quittant la piste pour suivre une piste secondaire relativement plus stable. A la saison des pluies plus de piste, on  ne passe plus  sauf    en charrette à zébus ou en bateau par la mer pour rejoindre Tuléar. Nous suivons le bord de la côte, longeant les mangroves, passant les dunes, plusieurs petits villages de paillotes qui ont l'air bien pauvres. Nous sommes chez les Vezos, peuple de pêcheurs,  leurs longues pirogues sillonnent le lagon  à la recherche du poisson  quotidien.
      L'hôtel est enfin là, inondé de soleil posé sur une dune où les propriétaires ont planté un joli jardin aux essences locales. Les bungalows avec leur auvent sur pilotis légèrement surélevés par rapport au niveau de la plage sont  à quelques dizaine de mètres du rivage. La baie tranquille s'offre à nous, seuls clients.
     

Page 48 - Les premiers baobabs; le rhum de Mada

Plus loin quelques paillotes enfumées, on y distille du rhum local.
canne à sucre est pilée dans de gros bidons puis broyée entre deux troncs de palmiers activé par un levier en bois artisanal, le jus recueilli dans des seaux.  Il faut savoir que la distillation  de rhum et même la plantation de cannes à sucre est interdite par l'état mais  nous en verrons partout! Le rhum est très fort paraît il et déconseillé aux palais non habitués... 


Encore  le goudron interminable à perte de vue.  Nous sommes dans le district de Sakaraha petite ville reconvertie dans le commerce des pierres, et aussi productrice de coton, pays des Mahafahely, peuple de bergers, connus pour leurs rites funéraires  aux tombes  immenses,colorées souvent surmontées de têtes de zébus  ou de sculptures en bois représentant des animaux ou des scènes quotidiennes ceci pour montrer leur richesse. De la voiture nous pouvons les voir qui s'élèvent ici et là.

      Et au détour d'une colline tout là bas au fond, une ligne bleue, la
mer, le canal! Nous y sommes presque!  Nos apercevons dans le lointain Tuléar, Toliara en malgache,  ville blanche située au bord de la lagune et entourée de  dunes et de mangroves. Des cocotiers, des filaos, des paillotes, du sable et nous y sommes.


Page 47 - Ilakaka, la ville des saphirs


Les massifs rocheux s'estompent peu à peu, nous traversons une nouvelle zone désertique traversée par un long ruban goudronné. Paysage monotone bien différent encore de tout ce que nous avons déjà vu.
 
    Quelques dizaines de kilomètres plus loin nous allons faire un arrêt à Ilakaka la  ville des saphirs, haut lieu de la prospection et de la transformation des pierres. En 1998 ce petit village s'est trouvé confronté à la ruée vers les pierres précieuses, à la suite de la découverte d' un important  gisement  à proximité  qui à transformé radicalement ce coin tranquille. Des milliers de personnes sont venus tenter leur chance et  ont  amené avec eux   délinquance et tout ce qui va avec. 

     Nous ne voulons pas visiter les mines, 12000 arias par personne, nous nous contenterons d'admirer les saphirs de toutes couleurs, de toutes tailles et tous aussi  beaux les uns que les autres dans un magasin sophistiqué. Le choix est grand, et tout le monde se laisserait bien tenter.
     La longue route déserte reprend, plus de circulation ou presque , pas de végétation ou si peu sur des kms et des kms, quelques rares villages.  
    
     Soudain  nous plongeons dans un parc boisé une réserve protégée, oasis au milieu de nulle part!
Manguiers, eucalyptus, neems, mimosas, et autres arbustes en rang serrés bordent la route, mais  aussi soudainement le désert revient.
     
    Puis se dressant majestueux dans le paysage: des baobabs,  ceux là sont des Adansonia Za, communément appelé baobab za! Il existe 8 espèces de baobabs dans  le monde, six sont à Madagascar.

Page 46 - Canyon rocheux, passage à gué

Nous sommes au fond d'un immense et très profond canyon et marchons dans le lit sablonneux de la rivière au milieu des roches énormes qui jalonnent le parcours. Passages acrobatiques parfois glissants, allant d'une rive à l'autre en suivant la trace  souvent taillée dans la pierre. 1h de marche et nous arrivons devant un large  bassin bleuté ou se jette une belle cascade.  L'eau très attirante est glacée nous n'y tremperons que les doigts. Pas beaucoup de place pour évoluer  nous   laissons les lieux à un autre groupe.
    Retour par le même chemin vers le camping où le sentier  se poursuit  pour sortir  de l'enceinte des roches et  arriver au parking ou Rija doit nous récupérer.
      Encore une belle marche très différente des autres  dans un paysage  grandiose!

      Retour aux bungalows, quelques brasses dans la piscine à peine plus chaude que le bassin de tout à l'heure. La nuit tombe et  nous prenons notre dernier repas  dans un parc malgache: velouté de tomates  à l'ail, aiguillettes de zébus en sauce, frites ou riz, crêpe fourrée aux fruits.


Vendredi 27 avril   


   Ce matin nous quittons les hauts plateaux et partons vers la côte  ouest, Tuléar et Ifaty au bord du Canal du Mozambique.
   Lever 5h30, départ 7h.
   Adieux au parc de l'Isalo si beau et en route pour les 460km qui nous séparent de la mer.

Page 45 - La traversée de la vallée de la mort

La piste devient sabloneuse  nous quittons enfin le plateau pour aborder la descente abrupte dans le canyon. Un petit sentier étroit à flanc de falaise qui tournicote en suivant le relief. le paysage est fabuleux, l'air est pur, le silence extraordinaire!
     Une dernière descente vertigineuse aux marches bien taillées et nous arrivons au camping aménagé près d'un bras de la rivière. Nous allons nous poser quelques moments pour récupérer,  savourer les sandwichs, le tout au milieu des lémuriens batifolant, sautillant et sautant de branche en branche tout autour de nous en essayant de nous voler quelques miettes. Les femelles au pelage doré et les mâles plus sombres. Une autre espèce arrive à la  longue queue annelée bicolore,le pelage beige clair; des makis. 

 
Restaurés nous reprenons le sentier vers la cascade des nymphes et les piscines bleue et noire.

Page 44 - Oasis et piscines naturelles

   Le parc de l'Isalo, 81 540 ha, est un massif de grès jurassique qui s'étend sur près de 100 km  de long sur 25 km de large, entaillé de profonds canyons et hérissé de pics. L'érosion y a taillé un relief ruiniforme  variant de 820 à 1240m d'altitude avec des canyons profonds, des rivières, une végétation qui croît et vit sur les rochers. C'est aussi le domaine des makis et autres  lémuriens. C'est le plus grand et le plus visité des parcs de Madagascar et sans doute aussi le plus facile d'accès.
     
     L'érosion à ciselé les rochers leur donnant des formes étranges, les lichens colorés qui les recouvrent par endroits les parent de couleurs dorées.
     Le chemin se poursuit tranquille à travers un petite forêt d'arbres crocodile ou Tapias, surnommés ainsi à cause de leur écorce morcelée et épaisse. Nous montons  au sommet d'un pic pour admirer le panorama grandiose et entamons une descente à travers les roches vers  une piscine naturelle,  un écrin de verdure, une oasis camouflée au milieu des roches au milieu desquelles surgit une rivière. Petite halte à l'ombre pour se rafraîchir et  goûter la fraîcheur du lieu. 

La piscine bleue 
Nous abordons maintenant la traversée du désert, un grand plateau délimité par les pics et  amas de grès. Pas une ombre à l'horizon, quelques espèces végétales poussent à même la roche,  pieds d'éléphant, euphorbes, épineux et une plante dont se servait Ranovalo 1ère pour se débarrasser de ses ennemis, elle contient du cyanure. Des phasmes invisibles pour nos yeux de touristes se camouflent sur les branches et il faut  l'œil averti du guide pour les remarquer. Un petit caméléon vert se dore sur une autre branche, quelques pervenches de Madagascar      rose corail  colorent le sable et des oiseaux fouillent de leur bec  un sol bien sec! 
   




Page 43 - Parc de l'Isalo, le Far West Malgache

16h 30,briefing avec Toussaint qui sera notre guide attitré  pour randonner dans l'Isalo demain et nous filons en vitesse avec Rija à quelques kilomètres dans le parc pour admirer le coucher du soleil. On se retrouve au «Far West» malgache, au milieu d'immenses amas de grès découpés, érodés par le vent et la pluie.
Un rocher troué par lequel passent les rayons du soleil couchant illuminant d'or, d'ocre rouge et orangé toute la plaine alentour. C'est splendide et nous ne nous lassons pas du spectacle.  
      Un petit vent frais et la nuit qui tombe nous invite à partir, un croissant de lune s'est accroché dans le ciel une étoile en contrepoint et nous invite au rêve.









 
Jeudi 26 avril


Parc de l'Isalo.

       Réveil à 5h30 pour un petit déjeuner à 6h30. Nous avons 7 heures de marche dans le parc en perspective. Nous nous mettons en route à 7h, et passons prendre Toussaint à Ranohira. Nous récupérons les sandwichs préparés par sa femme et en  piste pour la découverte de l'Isalo !
     Le chemin est facile, bien tracé quelques marches taillées dans la pierre et nous pénétrons au coeur des murailles de grès.